Préface de Desmond Tutu pour le livre The Global Guide to Animal Protection

Extrait : préface de Desmond Tutu pour le livre The Global Guide to Animal Protection
edité par Andrew Linzey

“J’ai passé toute ma vie à lutter contre les discriminations et les injustices, que leurs victimes soient noires, femmes, gays ou lesbiennes. Aucun humain ne devrait être la cible de préjudices ou l’objet d’humiliations ou être privé de ses droits fondamentaux.
Mais il y a d’autres domaines importants où la justice doit s’exercer, pas simplement pour des êtres humains mais aussi pour les autres créatures sensibles du monde. La question de l’abus et des cruautés que nous infligeons sur les autres animaux doit nous préoccuper dans le cadre de ce qui est défi moral incontournable désormais.
Il est vital, cependant, que ces causes d’injustices ne soient pas balayées d’un trait. Or, c’est ce qui arrive quand les victimes sont sans pouvoir et vulnérables, lorsqu’elles n’ont pas de porte-parole et pas de moyens d’être représentées devant les autorités supérieures. Les animaux sont justement dans cette position. A moins que nous prenions conscience de leurs intérêts et que nous nous exprimions clairement là dessus, les abus et les cruautés restent inattaqués à ce jour.
C’est une espèce de folie théologique de supposer que Dieu a fait le monde entier juste pour les créatures humaines, ou de supposer que Dieu n’est intéressé que par une des millions d’espèces qui habitent la bonne terre de Dieu. (…)
Notre domination sur les animaux n’est pas censée être despotique. Nous sommes certes créés à l’image de Dieu, mais Dieu, dont nous sommes l’image, est saint, amour et justice. Nous n’honorons pas Dieu en abusant des autres créatures sensibles.Il est vrai que nous somme l’espèce la plus évoluée de la Création. Il est vrai également que nous pouvons être la plus débauchée et la plus pécheresse. Réaliser cela devrait nous arrêter un instant. Il y a une manière proche de celle du Christ de prendre soin de la souffrance des créatures, qu’elles soient humaines ou animales. (…)
Les Églises devraient ouvrir la voie en exprimant clairement que la cruauté – envers d’autres animaux tout comme envers les êtres humains- est un affront à la vie civilisée et un péché devant Dieu. »